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J-1 : L’opération et l’activation de mon implant cochléaire

De retour à la maison.

L’opération qui avait lieu le 17 septembre s’est bien passée.

Le Dr Bussière avait toutefois un défi supplémentaire puisque j’avais une malformation à ma cochlée.

J’ai dormi à l’hôpital une nuit pour assurer un bon suivi.

Pour ce qui est de l’activation de mon implant cochléaire qui s’est fait le lendemain de mon opération, ce n’est pas comme dans les vidéos que l’on voit circuler sur le Web. En parlant, toutefois, avec Karine (opération le 13 août 2019) et Gabrielle (opération le 12 septembre 2019), j’ai été rassurée. Tout était normal.

Actuellement je me sens comme un robot. Et, comme mon audition est nouvelle, mon cerveau cherche à identifier les sons. J’entends des bourdonnements graves. Mais, surtout, des vibrations. J’ai donc plusieurs adaptations à faire.

Mais Karine me disait que de son côté les bruits et les voix ont commencé à être clairs après deux semaines et qu’elle avait réussi à identifier certains d’entre eux. Puis, après un mois, tout devenait plus précis. Ça me rassure, encore une fois.

J’en profite d’ailleurs pour vous remercier. Que ce soit sur Twitter, Facebook et Instagram, vous avez été nombreux à m’envoyer des encouragements.

Pour ce qui est de la suite, je vous reviens bientôt.

Maintenant, repos.

J-2 : La préparation au grand jour

Ce matin, c’était mon rendez-vous pré-opératoire.

Les professionnels de la santé m’ont expliqué le fonctionnement de la chirurgie et de l’activation de l’implant cochléaire. J’ai rempli plusieurs formulaires. J’ai aussi choisi mon modèle. Soit la marque Cochlear. Et finalement, j’ai sélectionné des accessoires qui vont me permettre d’améliorer mon quotidien. Je vais, d’ailleurs, bientôt vous revenir à ce sujet. Il me faut du temps pour apprivoiser le tout.

À titre d’information, pour les intéressés, mon opération aura lieu le 17 septembre 2019 dès 10h am. La durée de l’intervention devrait être entre 2h et 3h. L’activation de mon implant cochléaire se fera sinon à partir de 9h am le 18 septembre 2019.

Le grand jour arrive. J’ai hâte de vous partager comment je me sens demain. À bientôt!

J-3 : Un premier bilan

Le 5 septembre dernier, j’étais à l’I.R.D.P.Q. avec tous ceux qui sont intervenus dans mon dossier depuis le début de l’acceptation de ma surdité. Soit en janvier 2018. Avec eux, j’ai pu faire un bilan positif de mon cheminement jusqu’à aujourd’hui.

Sur le plan professionnel, ce que j’ai trouvé le plus difficile était de parler de ma surdité. J’avais peur du regard des autres et de perdre des opportunités. Le fait de mettre en place des stratégies de communication pour le dire dès le départ m’a, toutefois, aidé à me sentir moi-même à 100%. Avec le temps, je suis aussi devenue plus humaine dans ma façon de travailler. Tout comme de m’exprimer lorsque j’avais à répondre à des questions en lien avec mon parcours professionnel.

Sur le plan personnel, ma confiance a beaucoup augmenté. J’ai plus de facilité à parler de ma surdité avec des gens que je ne connais pas. J’ai une meilleure connaissance de mes limites. Je suis à l’écoute de mes besoins. J’ai aussi renoué avec mon côté créatif que j’avais laissé de côté pendant plusieurs années. Mais, surtout, j’ai pris le goût de prendre soin de moi.

Enfin, ce qui est spécial est que j’ai entrepris ces démarches en suivant mon intuition. Je réalise maintenant que c’était la meilleure décision à prendre avant d’avoir mon implant cochléaire. Pour moi, c’est comme une renaissance.

J-4 : Prendre du temps pour soi

Ce qui me préoccupe en ce moment n’est pas mon opération. C’est la réadaptation. Je souhaite être capable de prendre le temps qu’il faut pour me rétablir. Et ce n’est pas seulement en lien avec mon implant cochléaire.

Je m’explique.

Il y a deux ans, avant d’avoir mon épuisement professionnel et de communication, je ne m’étais jamais arrêté pour prendre soin de ma santé. Ma candidature au programme d’implant cochléaire a été envoyée en début d’année 2018.

En attendant un retour, j’ai entrepris des démarches pour accepter ma surdité. J’ai aussi fait des suivis pour ma santé en général. Pour avoir plus de disponibilités pour des rendez-vous avec les professionnels impliqués, j’ai ralenti les activités de mon entreprise.

Puis, le 22 janvier 2019, j’ai reçu l’acceptation de ma demande. On m’a informé que l’opération n’aurait pas lieu avant plusieurs mois. Il y aurait aussi un mois d’attente entre la proposition d’une date et la chirurgie.

À partir de ce moment, je me suis donné de la pression pour avancer différents projets.

En cours de route, toutefois, je me suis épuisée à nouveau. Notamment parce que j’étais dans l’inconnu et que je ne prenais pas le temps pour absorber toutes les nouvelles informations transmises par les professionnels de la santé. Et je ne vous le cacherai pas, sur le plan professionnel, je l’ai vu comme un échec. Je n’avais jamais vécu ce type d’épreuve. Il m’a fallu plusieurs mois pour comprendre que les démarches que je faisais sur le plan personnel allaient m’aider pour la suite de mon parcours d’entrepreneure.

Maintenant, je sais que prendre soin de moi et m’adapter à ma nouvelle audition me demandera beaucoup d’énergie. Tant sur le plan physique que psychologique. C’est le plus beau cadeau que je puisse m’offrir.

J-5 : Ma voix

Ma surdité de naissance fait en sorte que le son de ma voix et ma prononciation comportent certaines caractéristiques. Sans m’en rendre compte, je peux parler très fort tout comme très bas. Et lorsqu’on me demande de m’ajuster, je fais de mon mieux. Je me sens toutefois incomprise quand une personne insiste davantage après un premier essai. J’ai tendance à ne pas vouloir poursuivre la discussion et à me renfermer.

D’ailleurs, en 2016, une personne m’a déjà dit que ma voix n’était pas radiophonique après avoir écouté le deuxième épisode de mon premier podcast. Selon elle, il était préférable que je me concentre sur la rédaction d’articles au lieu de prendre le micro. J’avais déjà fait plusieurs conférences publiques et c’était la première fois que je recevais ce type de commentaire. Je savais qu’il ne fallait pas y accorder de l’importance. Il reste qu’il m’a découragé puisque je n’ai jamais entendu le vrai son de ma voix. Ne voulant pas nuire à ma crédibilité, j’ai décidé de mettre sur pause mon podcast.

Par chance, l’année suivante, une opportunité s’est présentée. Je suis devenue co-animatrice d’une émission de radio sur les ondes de CKRL 89,1. Et, quelques mois plus tard, je me suis retrouvée seule à la barre de l’émission. Faire de la radio est différent que de donner une conférence ou encore une formation. Il m’a fallu plusieurs semaines pour m’adapter.

Ainsi, avec le temps j’ai appris à contrôler le son de ma voix et améliorer mes capacités expressives. En acceptant davantage ma surdité depuis 2018, j’ai aussi compris que la particularité de ma voix fait partie de moi. Elle me rend unique.